
Depuis la création des pôles de compétitivité en 2005, VEGEPOLYS VALLEY a labellisé de très nombreux projets. Le pôle en accompagne en moyenne 70 à 100 par an, ce qui représente près de 1 400 projets pour un investissement potentiel de 4 milliards d’€. Près de la moitié d’entre eux ont d’ores et déjà obtenu un financement. Retrouvez ci-dessous une sélection de projets représentatifs des axes d’innovation du pôle et des financements possibles.

UMR 1318 - INSTITUT JEAN-PIERRE BOURGIN - IJPB
La recombinaison méiotique est un mécanisme biologique central pour brasser la diversité génétique à chaque génération. Elle est le principal outil utilisé par les sélectionneurs pour cumuler les allèles favorables dans des variétés élites performantes, à faible impact environnemental et adaptée à des environnements changeants. Cependant, cette amélioration génétique est contrainte par le faible nombre et la localisation distale des crossovers (CO : échanges réciproques d’ADN entre chromosomes). Ainsi, de larges régions chromosomiques, pouvant aller jusqu’à 70% de la taille d’un chromosome chez le blé, ne présentent pas ou très peu d’évènements de recombinaison. De même, les régions introgressées provenant d’espèces apparentées sont elles aussi non ou peu recombinantes. Ceci rend très difficile la combinaison d’allèles favorables ou à contrario l’élimination d’allèles délétères. Au cours de ces dernières années, de nombreuses méthodes ont été mises au point et ont permis d’augmenter le nombre de crossovers, mais ceux-ci ont toujours lieu dans les mêmes régions du chromosome.


L’objectif principal de ce projet est de trouver comment favoriser la formation de crossovers dans des régions chromosomiques qui en sont normalement dépourvues. A l’heure actuelle, seule deux méthodes (identifiées chez Arabidopsis et le colza) ont permis de modifier ce profil de recombinaison : la modification de la méthylation de l’ADN chez Arabidopsis ou encore la modification du niveau de ploïdie chez le colza. Dans le cadre de ce projet, il s’agit notamment de déterminer si ces observations faites chez le colza polyploïde peuvent s’appliquer à n’importe quelles espèces diploïdes, ou encore s’il est possible de cumuler ses effets via la mutation additionnelle de gènes méiotiques ou épigénétiques. Dans ce projet, les bénéfices de cette dérégulation de la recombinaison seront explorés, notamment la capacité à réaliser des crossovers dans des introgressions provenant d’espèces distantes, permettant de réduire leur taille pour ne conserver que le gène d’intérêt.
Identification de nouvelles méthodes permettant de favoriser la formation de crossovers dans des régions froides pour la recombinaison, et adaptables à toutes espèces cultivées. Des publications à haut facteur d’impact sont attendus. La filière professionnelle est aussi très intéressée par ses travaux. Chez le colza, la preuve de concept sera réalisée sur une large introgression portant une résistance à un pathogène majeur du colza dans le monde.